Cela fait maintenant près de dix mois que le Van Rysel RCR-F Sram Rival partage mon quotidien de cycliste. Je l'ai reçu en août 2025 et je l'utilise toutes les semaines, aussi bien à l'entraînement qu'en compétition. Entre les sorties longue distance, les 100 et 200 km avalés à plusieurs reprises, les critériums et les courses sur circuit, j'ai eu largement le temps de me faire un avis tranché. Voici mon retour d'expérience détaillé, point par point.
Le rendement : une véritable fusée
S'il y a bien un domaine où le RCR-F ne laisse aucune place au doute, c'est le rendement. Ce vélo est une véritable fusée. Sa rigidité fait que chaque watt envoyé dans le pédalier est intégralement transmis à la route, sans déperdition perceptible. En course, c'est un vrai plaisir : les relances sont franches et le vélo répond instantanément à la moindre accélération.
J'ai pu le vérifier dans des conditions exigeantes, notamment en critérium où les changements de rythme sont permanents, mais aussi sur circuit lors des 6 heures du Pas-de-Calais. Dans ces deux exercices, le RCR-F m'a donné exactement ce que j'attendais d'un vélo orienté course.
Le confort : la bonne surprise
C'est sans doute le point sur lequel mon avis diverge le plus de ce que j'ai pu lire ailleurs. Malgré cette rigidité affirmée, je ne trouve pas le vélo inconfortable, à condition de l'avoir passé en tubeless. Beaucoup d'avis pointent un manque de confort ; de mon côté, ce passage au tubeless a fait toute la différence.
Pour celles et ceux qui placent le confort au sommet de leurs priorités, le cadre accepte des pneus jusqu'en 33 mm, ce qui peut clairement régler la question. Mais soyons honnêtes : si l'on en arrive à ce point, c'est peut-être que le RCR Pro serait un choix plus pertinent que le RCR-F. Tout dépend de l'usage que l'on vise.
Les capacités en montée : plus polyvalent qu'annoncé
Sur le papier, le RCR-F est destiné aux parcours plats, voire légèrement vallonnés. Pourtant, un détail trahit ses véritables aptitudes : il est livré d'origine avec une cassette 10-36. Un étagement qui laisse présager de réelles capacités à grimper.
Et dans les faits, cela se confirme. J'ai bouclé la Granfondo Mont Ventoux sans jamais me sentir pénalisé par le vélo. Je grimpe également les fameux Monts des Flandres sans avoir à me battre avec ma machine. Pour un vélo catalogué « aéro », c'est une polyvalence appréciable qui élargit nettement son terrain de jeu.
Les roues : le seul vrai compromis
Les roues sont plutôt bonnes : 50 mm de profondeur pour 1 500 g, on est dans la moyenne du segment. Je me permets toutefois de questionner le choix des 50 mm sur un vélo qui se revendique aéro.
À sa sortie, le RCR-F était proposé avec des Swiss Side de 60 mm, ce qui me semblait bien plus cohérent avec son positionnement. C'est d'ailleurs le choix de son rival direct, le Canyon Aeroad, qui embarque des roues de 60 mm même dans sa configuration la moins chère. Sur ce point précis, le Van Rysel est un cran en retrait.
Le rapport qualité-prix : l'argument massue
On peut imaginer que ce choix de 50 mm répond à une volonté de contenir le prix. Et c'est bien là que le RCR-F frappe fort : nous avons ici un vélo à « seulement » 4 500 €, soit le bas de la fourchette dans cette gamme.
Pour ce tarif, on retrouve exactement le même carbone que sur les modèles les plus haut de gamme, ainsi que le même cintre intégré. À titre de comparaison, Canyon réserve ses meilleures fibres à sa version CFR, facturée plus de 8 000 €. Autre point en faveur du Van Rysel face à l'Aeroad SLX 7 : le RCR-F est livré avec un capteur de puissance d'origine, ce que n'offre pas l'Aeroad. Difficile de trouver mieux placé.
Le manque de configuration : un vélo à prendre tel quel
Voici un point qui me tient à cœur. À une époque où de plus en plus de personnes, aux morphologies très variées, se mettent au vélo, il devient indispensable de pouvoir adapter certains composants à sa propre anatomie : le cintre et la longueur de potence, mais aussi la longueur des manivelles. Chez un vélociste classique, on peut parfois négocier ces changements dès l'achat du vélo. Des marques comme Canyon commencent d'ailleurs à proposer la modification de ces composants, et d'autres, comme Origine, vont jusqu'au vélo entièrement à la carte.
Chez Decathlon/Van Rysel, oubliez tout cela : le vélo vous sera livré tel quel. À vous de commander les pièces et de les monter par vos propres moyens. Et des modifications, il faudra sans doute en faire, car la marque accuse un vrai retard sur une tendance en passe de devenir la norme : la longueur des manivelles. Alors que celles-ci raccourcissent d'année en année — Shimano a par exemple fait le choix d'imposer des manivelles de 165 mm comme taille de base de ses groupes — Decathlon livre ses vélos en taille M avec des manivelles de 172,5 mm. C'est tout simplement affolant pour la taille la plus vendue. Des manivelles en 170 mm, comme sur l'Aeroad, constitueraient selon moi le grand maximum.
Le vrai point noir : pas le vélo, mais Decathlon
Les seuls reproches que je formulerai ne concernent pas le vélo lui-même, qui est parfait pour son prix, mais son distributeur : Decathlon. Car si la machine tient toutes ses promesses, les services en magasin laissent franchement à désirer.
Pour ce tarif, ne vous attendez pas à une étude posturale à la livraison. On vous remettra simplement le vélo, accompagné d'une brève explication sur les accessoires nécessaires à son fonctionnement (chargeur AXS/Di2, etc.). Les finitions de montage sont, elles aussi, plus que douteuses : mes disques n'étaient pas correctement serrés. Plusieurs personnes se sont également retrouvées avec de la graisse classique en lieu et place de la pâte de montage carbone sur leur tige de selle, ce qui provoque un glissement de celle-ci en pleine sortie.
On pourra aussi relever le manque de qualification des vendeurs, que ce soit dans les conseils ou dans le choix des tailles. Decathlon semble heureusement avoir pris conscience de cette faille en ouvrant des stores « Van Rysel » dotés d'un personnel bien plus compétent et de meilleurs conseils. Reste à voir si cette montée en gamme du service ne conduira pas la marque à revoir ses prix à la hausse, comme le font les autres marques proposant ce type de prestations.
Conclusion : le pour et le contre
Au terme de ces dix mois, mon verdict est clair : le Van Rysel RCR-F Sram Rival est l'un des vélos de course les mieux placés du marché. Ses quelques limites tiennent davantage au distributeur qu'à la machine elle-même. Voici mon bilan synthétique.
Les points forts | Les points faibles |
|---|---|
Rigidité et rendement exceptionnels, un vrai vélo de course | Roues de 50 mm en retrait pour un vélo aéro (60 mm aurait été plus cohérent) |
Confort surprenant une fois passé en tubeless | Aucune personnalisation à l'achat (cintre, potence, longueur de manivelles) |
Polyvalent grâce à la cassette 10-36, à l'aise en montagne | Manivelles de 172,5 mm sur la taille M, à contre-courant de la tendance |
Rapport qualité-prix imbattable : même carbone que le haut de gamme | Aucune étude posturale à la livraison |
Capteur de puissance et cintre intégré d'origine | Finitions de montage négligées (disques, pâte carbone) |
Conseil et choix des tailles insuffisants en magasin Decathlon |
En résumé, si vous cherchez un vélo de course performant et polyvalent sans exploser votre budget, le RCR-F mérite très clairement votre attention, à condition d'accepter quelques imperfections de service à l'achat.
Et le meilleur moyen de mettre une telle machine à l'épreuve, c'est encore de l'aligner sur un dossard. Retrouvez les critériums, cyclosportives et randonnées près de chez vous sur notre plateforme et trouvez votre prochaine course pour faire parler les watts.

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