Test des Tukus C50-MT : mon avis définitif après 1 000 km et un critérium
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Test des Tukus C50-MT : mon avis définitif après 1 000 km et un critérium

Un mois, plus de 1 000 kilomètres et le BXL Crit plus tard, je reviens sur les roues carbone Tukus C50-MT. Rigidité, relances, ratchet 54 dents, roulements céramiques : ce qui se confirme, ce que je corrige, et les réserves qui subsistent.

Il y a un mois, je publiais mes premières impressions sur les roues carbone Tukus C50-MT, montées sur mon Van Rysel RCR-F en remplacement des VR50 d'origine. C'était un avis à chaud, après une seule sortie. J'annonçais alors un retour plus complet une fois les kilomètres accumulés.

Nous y sommes. Plus de 1 000 kilomètres au compteur, un mois d'utilisation quotidienne, et surtout un critérium disputé avec : le BXL Crit. Voici mon verdict définitif, ce qui se confirme, ce que je corrige, et les réserves qui subsistent.

La rigidité : le compromis que j'avais pressenti, désormais apprivoisé

C'était ma principale inquiétude à la réception. En prenant les roues en main, la rigidité de l'ensemble me faisait craindre un vélo inconfortable au point d'en devenir inutilisable sur mes sorties longues.

Après un mois, je peux le dire : le problème existe bien, mais il se gère. En jouant sur les pressions de gonflage, j'ai considérablement atténué la sensation. C'était d'ailleurs le plan que j'annonçais dans mon premier retour, et il a fonctionné.

Cela dit, soyons honnêtes : je reste plus attentif aux déformations de la route qu'avec mes anciennes roues. Les descentes de trottoir épaisses et les nids-de-poule se ressentent nettement plus qu'avec les VR50. Et il y a une dimension psychologique qui ne disparaît pas : on s'inquiète davantage de casser la roue. Ce n'est pas rationnel, rien ne s'est cassé en 1 000 kilomètres, mais la vigilance est bien là.

Si vous roulez sur des routes dégradées ou si le confort est votre priorité absolue, gardez ce point en tête. Ces roues demandent une conduite un peu plus anticipée.

En virage : la confirmation la plus nette

J'avais relevé ce point dès ma première sortie, et 1 000 kilomètres plus tard il se confirme sans réserve.

La rigidité latérale change réellement le comportement du vélo en courbe. Avec les VR50, j'avais parfois une sensation de flou sur les virages rapides, comme si la roue accusait un léger retard sur mes intentions. Ce sentiment a totalement disparu. Je négocie mes virages plus vite qu'avant, et je reste à l'aise à des vitesses où je ralentissais auparavant.

C'est probablement le gain le plus immédiatement perceptible de ces roues, et celui qui ne s'émousse pas avec l'habitude.

Le poids : pas là où on le croit

Les C50-MT font environ 200 grammes de moins que les VR50. Et comme je l'ai expliqué dans ma série de vidéos "On m'a dit que…", gagner 200 grammes ne vous fera pas grimper plus vite. Les chiffres sont impitoyables sur ce point, et je ne vais pas me contredire ici.

En revanche, ce poids gagné, je l'ai bel et bien ressenti. Pas en montée : en relance.

Le BXL Crit a été le révélateur. J'y avais déjà participé l'année dernière, ce qui me donne un point de comparaison direct. Cette année, le nouveau parcours ajoutait deux chicanes particulièrement étroites, qui imposaient de casser puis de relancer à chaque passage.

Ces Tukus m'ont clairement aidé à survivre à ce critérium. Chaque relance était fluide et dynamique. Cette impression de devoir lancer un système mou et lourd, que je connaissais bien, avait disparu. Sur un format où l'on relance des dizaines de fois en moins d'une heure, l'accumulation de ces petits gains finit par compter.

C'est la nuance importante à retenir : le poids d'une roue ne se juge pas à la balance ni en montée, mais dans la répétition des accélérations.

Le ratchet 54 dents : le chiffre qui explique la sensation

Tukus équipe les C50-MT d'un système à cliquets maison de 54 dents. En creusant les spécifications des VR50, j'ai trouvé l'explication chiffrée de ce que je ressentais.

Les Van Rysel VR50 utilisent un moyeu DT Swiss 370 Classic avec un corps de roue libre Ratchet LN. Ce système compte 18 dents, soit un angle d'engagement d'environ 20 degrés. Autrement dit, jusqu'à 20 degrés de rotation du pédalier dans le vide avant que la transmission ne morde.

Les 54 dents de Tukus ramènent cet angle à environ 6,7 degrés. C'est trois fois moins de course morte.

Sur le papier, on parle de quelques degrés. Sur un critérium avec deux chicanes serrées, cette réactivité se sent immédiatement : la puissance passe dès que vous appuyez, sans ce micro-temps mort qui casse le rythme. Ajoutez à cela un bruit de roue libre franchement agréable, et le tableau est complet.

Les roulements céramiques : je reviens sur ce que j'avais écrit

Dans mon premier article, j'avais attribué aux roulements céramiques et au ratchet une impression de fluidité au pédalage, en écrivant qu'il n'y avait aucune résistance des roues. Après un mois, je veux nuancer cette affirmation, parce qu'elle était trop catégorique.

La vérité, c'est que je suis incapable d'isoler l'apport réel des roulements céramiques. J'ai bien une sensation de flotter sur le bitume dans les descentes, très différente de ce que je connaissais avec les VR50. Mais est-ce vraiment dû aux roulements ?

Honnêtement, j'en doute. Les gains mesurés apportés par des roulements céramiques face à de bons roulements acier se comptent en fractions de watt, dans des ordres de grandeur qui sont en dessous du seuil de perception humaine. Ce que je ressens en descente s'explique probablement bien mieux par l'aérodynamisme du profil en vague à haute vitesse, par la rigidité de l'ensemble, et par l'angle d'engagement réduit qui supprime les à-coups.

Je préfère le dire clairement plutôt que d'entretenir un argument marketing que je ne peux pas vérifier. Les roulements céramiques sont présents, ils sont de bonne facture, mais je serais malhonnête de leur attribuer une sensation que d'autres facteurs expliquent bien mieux.

La forme en vague face au vent : efficace, sans miracle

Un profil de 50 mm est déjà un compromis entre gain aérodynamique et prise au vent latéral. Avec mes anciennes roues, il m'était arrivé d'être surpris par des bourrasques.

Avec les C50-MT, cet effet est nettement limité. Le profil ondulé fait manifestement son travail, et je me sens plus serein sur les portions exposées.

Attention toutefois à ne pas survendre la chose : par vent violent, vous pourrez toujours être surpris. Aucune jante de 50 mm ne vous rendra insensible à une rafale de travers. Disons simplement que le seuil de déclenchement est nettement plus haut qu'avant.

L'équation économique, et pourquoi elle est difficile à battre

Voici l'argument qui, pour moi, emporte la décision.

En revendant mes VR50 d'origine, j'ai récupéré plus que le prix d'achat des Tukus. Autrement dit, ce passage aux C50-MT ne m'a rien coûté, il m'a même laissé de la marge. Difficile de trouver un meilleur argument pour améliorer un RCR-F.

Cette situation ne durera pas éternellement. Tukus Wheels (lien commercial) est une marque émergente qui pratique encore des tarifs d'entrée sur le marché européen. On a déjà vu le scénario se répéter ailleurs : les marques qui percent finissent par aligner leurs prix sur ceux de la concurrence établie, Elitewheels en est un bon exemple.

Les réserves qu'il faut connaître avant d'acheter

Ce prix attractif a une contrepartie, et il serait malhonnête de la passer sous silence.

Le service après-vente sera nécessairement plus compliqué qu'avec une marque bien installée en Europe. Tukus ne semble disposer d'infrastructures qu'en Chine, ce qui signifie une communication hachée par le décalage horaire et des délais d'acheminement pour toute pièce ou intervention.

Concrètement : si vous cassez un rayon la veille d'un objectif, vous ne trouverez pas de solution chez votre vélociste du coin comme vous le feriez avec une marque distribuée en France. Tukus fournit des rayons de rechange dans la boîte, ce qui montre qu'ils ont conscience du problème, mais cela ne remplace pas un réseau.

Pour certains, ce sera un défaut mineur. Pour d'autres, notamment ceux qui disputent des objectifs importants et ne peuvent pas se permettre une immobilisation de plusieurs semaines, c'est un point à peser sérieusement.

Mon verdict après 1 000 kilomètres

Ces roues me satisfont au plus haut point. Elles transforment le comportement de mon RCR-F là où ça compte, en virage et en relance, et elles corrigent les défauts que je reprochais aux VR50 sans en créer de rédhibitoires.

Le compromis de confort est réel mais gérable avec un travail sur les pressions. Les réserves portent davantage sur l'écosystème de la marque que sur le produit lui-même.

Si le service après-vente à distance ne vous effraie pas, foncez sur cette marque émergente avant que ses prix ne rattrapent ceux de la concurrence.

Mon code promo Tukus

Tukus m'a mis en place un partenariat après la publication de mon premier article. Concrètement, vous pouvez utiliser le code CERTIFIEDCYCLIS sur la boutique Tukus Wheels (lien commercial) pour bénéficier d'une remise de 10% sur votre commande.

Pour être parfaitement clair : ce partenariat est arrivé après mon achat et après mon premier test. J'ai payé ces roues de ma poche au prix public, et ce que vous venez de lire, y compris les réserves sur le service après-vente et ma correction sur les roulements céramiques, n'a pas bougé d'une ligne depuis.

Points forts

Points faibles

Rigidité latérale qui supprime la sensation de flou en virage

Confort en retrait, chaque aspérité de la route se ressent

Relances franchement plus dynamiques, décisives en critérium

Vigilance accrue nécessaire sur routes dégradées et trottoirs

Ratchet 54 dents, trois fois moins de course morte que le Ratchet LN des VR50

SAV exclusivement en Chine, communication ralentie par le décalage horaire

Profil en vague qui limite réellement la prise au vent latéral

Apport des roulements céramiques impossible à percevoir en conditions réelles

Rapport qualité-prix exceptionnel pour une marque encore méconnue

Aucun réseau de distribution en Europe en cas de casse

Rayons de rechange fournis dans la boîte

Tarifs probablement amenés à augmenter avec la notoriété

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