Coros Dura 2 Solar : ce que le teaser nous apprend déjà, et ce qui va faire débat
← Retour au blog

Coros Dura 2 Solar : ce que le teaser nous apprend déjà, et ce qui va faire débat

Coros a mis en ligne un teaser pour le Dura 2 Solar, sans date ni prix. Mais deux détails sautent aux yeux quand on regarde attentivement : le mot « Solar » dans le nom, et surtout la disparition de la molette latérale. Analyse de ce que ça implique.

Coros vient de mettre en ligne une page teaser pour son prochain compteur GPS, annoncé sous le nom de Dura 2 Solar. La promesse tient en une phrase : le compteur vélo GPS solaire le plus fin et le plus endurant de la marque. Pour le reste, c'est un « bientôt disponible » et rien d'autre. Pas de date, pas de prix, pas de fiche technique.

Sauf qu'un teaser n'est jamais totalement vide. En le croisant avec les images qui ont fuité ces derniers jours, deux informations ressortent clairement. La première ouvre une porte intéressante. La seconde va faire couler beaucoup d'encre.

Détail numéro un : le mot « Solar » n'est pas anodin

Le premier Dura, sorti en 2024, s'appelait simplement Dura. Pas de suffixe, parce qu'il n'existait qu'en une seule version, avec recharge solaire intégrée.

Cette fois, Coros ajoute explicitement « Solar » au nom du produit. Et dans l'industrie, un suffixe de ce type ne s'utilise que quand il faut distinguer deux variantes du même appareil.

Le précédent le plus parlant vient de Garmin. Chez eux, quand un modèle porte la mention Solar, c'est systématiquement qu'une version sans recharge solaire existe au catalogue, généralement moins chère. La Fenix, l'Instinct et plusieurs autres gammes fonctionnent ainsi depuis des années. Le suffixe sert à trancher entre deux références, pas à vanter une technologie.

Si Coros reprend cette logique, et le nommage suggère fortement que oui, alors nous devrions voir arriver un Dura 2 sans recharge solaire, à un tarif inférieur.

Un élément technique qui renforce cette hypothèse

Les images qui ont fuité apportent un argument supplémentaire, et il est plus solide que le simple raisonnement sur le nom.

Sur le premier Dura, le panneau photovoltaïque est intégré dans le pourtour de l'écran, directement sur le boîtier. Impossible de le retirer sans redessiner tout l'appareil.

Sur les visuels du Dura 2, ce panneau semble avoir migré vers le support, sur une platine qui se prolonge vers l'arrière du compteur. Si cette lecture se confirme, elle change tout sur le plan industriel : produire une version non solaire ne demanderait plus de concevoir un second boîtier, mais simplement de livrer le même compteur avec un support classique.

Autrement dit, Coros se serait donné les moyens techniques de décliner sa gamme à moindre coût. Ce qui rend l'arrivée d'une version non solaire nettement plus probable qu'une simple intuition sur le nommage.

Détail numéro deux : la molette a disparu

Voilà le point qui va diviser.

En plissant les yeux sur la vidéo du teaser, on devine déjà quelque chose. Sur les images leakées, c'est flagrant : il n'y a plus de molette sur la tranche du Dura 2. L'appareil semble miser entièrement sur un écran tactile bord à bord, dans un boîtier plus fin.

Photo du Coros Dura 2 Solar qui ont fuité

Pour ceux qui n'ont jamais utilisé de Dura, il faut expliquer pourquoi cette disparition n'est pas un détail cosmétique.

Pourquoi cette molette comptait autant

La molette latérale était un héritage direct des montres Coros, et c'était l'un des arguments phares du premier Dura. Elle permettait de naviguer dans l'intégralité de l'interface, de changer de page, de faire défiler les champs de données, sans jamais toucher à la dalle tactile.

Dans mon test du Coros Dura, j'écrivais que j'en venais à oublier que mon compteur était tactile. Ce n'était pas une formule : la molette était devenue mon mode de navigation par défaut.

Et c'est en conditions difficiles que ça prend tout son sens. Sous la pluie, un écran tactile devient capricieux : les gouttes d'eau sont interprétées comme des appuis, les commandes se déclenchent toutes seules ou ne répondent plus. Par grand froid avec des gants épais, et plus encore avec des gants néoprène, la précision du tactile s'effondre.

Dans ces deux situations, la molette offrait une commande mécanique qui fonctionnait toujours, quoi qu'il arrive. Pour un compteur dont l'autonomie de 120 heures vise explicitement les très longues distances, les brevets et l'ultra, où l'on roule de nuit, sous la pluie et par tous les temps, c'était un avantage considérable.

Un pari risqué ?

On comprend l'intérêt industriel : supprimer la molette permet d'affiner le boîtier, et la finesse est justement l'argument mis en avant par le teaser. Moins de pièces mobiles, c'est aussi moins de points d'infiltration pour l'eau et moins de risques de panne mécanique.

Mais Coros retire ici ce qui le distinguait de Garmin et de Wahoo, dont les gammes reposent sur des boutons physiques. Un Dura 2 entièrement tactile devient, sur ce point précis, un compteur plus banal que son prédécesseur.

Reste une inconnue de taille : rien n'indique si Coros a prévu une compensation. Des boutons physiques déportés sur le support, une gestuelle tactile repensée, ou une commande à distance. Le teaser ne montre pas assez pour trancher, et les images leakées ne sont pas des documents officiels.

Ce que l'on ne sait toujours pas

Soyons clairs sur l'état réel de l'information : Coros n'a communiqué ni date de sortie, ni prix, ni fiche technique. Une rumeur évoquait un lancement fin septembre 2026, il n'a pas eu lieu.

Le contexte éclaire tout de même le calendrier. La page du premier Dura indique désormais que le modèle est épuisé et ne sera pas réapprovisionné, la marque précisant que la nouvelle génération sera présentée dans les mois à venir. Quand un fabricant assume une rupture de stock définitive sans successeur disponible, c'est généralement que le successeur n'est plus très loin.

Deux fenêtres sont plausibles. Les compteurs sortent traditionnellement en fin d'hiver, pour être prêts au début de la saison. Mais rien n'interdit à Coros de viser les achats de fin d'année.

Pour mémoire, le premier Dura était lancé à 289 euros, un tarif agressif face à la concurrence. C'est sur ce terrain que le Dura 2 sera attendu, d'autant qu'il devra conserver l'autonomie qui fait toute l'identité de la gamme : 120 heures en GPS tous systèmes, 70 heures en double fréquence.

Ce qu'il faut surveiller

Trois questions détermineront si ce Dura 2 est une vraie progression ou un pas de côté.

L'autonomie d'abord. Un boîtier plus fin signifie potentiellement une batterie plus petite. Si le déplacement du panneau solaire vers le support permet d'augmenter la surface de captation, le compte pourrait y être. Sinon, Coros perdrait son argument principal.

La navigation ensuite. Comment pilote-t-on ce compteur avec des gants trempés ? C'est la question que tout utilisateur du premier Dura se pose en ce moment.

Le positionnement enfin. Si la version non solaire se confirme, à quel prix, et qu'est-ce qu'on perd exactement en la choisissant ?

Je suivrai l'annonce de près et je reviendrai dessus dès que Coros communiquera officiellement. En attendant, mon test du premier Dura reste d'actualité, puisque le modèle sortant conserve toutes ses qualités pour qui en trouverait encore un.

Pour mettre un compteur à l'épreuve sur de vraies longues distances, retrouvez les randonnées, BRM et sorties organisés près de chez vous sur notre plateforme d'événements.

Commentaires 0

Soyez le premier à commenter cet article !